25 Kislev 5778‎ | 13 décembre 2017

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L’influence directe du rav Eliahou Abitbol
   Par Serge Golan,
  No 10 juin 2009, Communauté France


Il clôturera la journée d’étude du 21 juin prochain. Mais son enseignement se devinera en filigrane à travers tous les chiourim, puisque c’est lui qui a inspiré la Yéchiva des Etudiants : « le rav Eliahou Abitbol est un genre de Baal Chem Tov contemporain », assure le rav Zizek, qui devint son élève au début des années 1970. Peu de temps auparavant, en 1968, le rav Abitbol avait fondé à Strasbourg la Yéchiva des Etudiants, qui allait profondément marquer toute une génération de jeunes Juifs de France. Pour cet ancien de la yéchiva d’Aix-les-Bains, élève du rav Wolbe et de Manitou, les étudiants et les jeunes actifs doivent pouvoir analyser en profondeur les textes du Talmud. Un concept révolutionnaire pour l’époque !Connu pour la façon qu’il a de ne pas mâcher ses mots lorsqu’il s’agit de « dynamiser» ses élèves, le rav Abitbol occupe une place bien à part dans le judaïsme français : « c’est une personnalité extrêmement libre, qui sort des sentiers battus », poursuit le rav Zizek.Mais c’est évidemment, avant tout, son sens pédagogique exceptionnel qui a assis son aura. On pourrait le résumer ainsi : si une page de Talmud est une suite d’arguments contradictoires avancés par nos Maîtres, pourquoi vouloir étouffer le débat en assenant un dogme, une pensée unique ? Alors il encourage ce débat, s’efforçant toujours de l’ancrer dans la réalité de son auditoire ! « Le plus surprenant lorsque l’on assiste à un cours de rav Abitbol, c’est cette impression qu’il découvre lui-même le sujet grâce aux interventions de l’auditoire, alors qu’il a parfois mûri la question depuis trente ans », témoigne Emmanuel Vaniche, l’un des cadres de la Yéchiva des Etudiants.On ne s’étonnera donc pas que lorsque les faux-semblants de la célébrité médiatique ont pointé le bout de leur nez, le rav Eliahou Abitbol ait choisi de faire un pas de côté. Concentré sur son étude talmudique, il refuse toute sollicitation qui ne s’y rapporte pas directement. Une discrétion qui ne réduit pas - au contraire - l’influence qu’il continue d’exercer sur ceux qui ont étudié avec lui. Le rav Gérard Zyzek est bien entendu de ceux-là : « Les h'a’hamim disaient que n’importe quel maître du Talmud pouvait ressusciter les morts. L’intuition du rav Abitbol, c’est que n’importe quel enseignement de notre tradition est capable de ressusciter ce qui est mort en nous ».