25 Kislev 5778‎ | 13 décembre 2017

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‘Hanouka Saméa’h ! À l’époque et aujourd’hui...
   Par Laly Derai,
  No 27 novembre 2013, 'Hanouka

La fête de ‘Hanouka est le moment idéal pour se pencher sur l’un des symboles du judaïsme qui nous accompagne depuis les temps anciens et jusqu’à aujourd’hui : la Ménora à sept branches, qui illuminait le Tabernacle dans le désert, puis le Michkan à Chilo et enfin les deux Temples à Jérusalem.

En plein cœur de Rome, sculpté dans la pierre de l’Arc de triomphe offert à Titus par son frère, l’empereur Domitien, pour célébrer sa victoire sur les révoltes juives, se trouve le symbole de l’exil de notre peuple : la Ménora, portée par les soldats romains ayant conquis et détruit Jérusalem, douze ans plus tôt, avec en son cœur le Temple. « Judaea Capta », la Judée est captive, pouvait-on lire à cette époque sur les pièces de monnaie de l’Empire romain. Une Judée captive, en exil, chassée de sa terre, chassée de son Temple… Cette Ménora a accompagné les Juifs durant toute leur histoire. Dans l’ensemble du monde juif, et pendant près de deux millénaires, on retrouve des dessins et des gravures de ce chandelier qui illuminaient le Tabernacle dans le désert, le Michkan à Chilo puis les deux Temples à Jérusalem. La Torah parle à plusieurs reprises, et dans le détail, de cette Ménora que D.ieu a ordonné de fabriquer « d’or pur, tout d’une pièce ; ses calices, ses boutons et ses fleurs feront corps avec lui ». Dans le désert, elle était allumée le soir par Aharon Hacohen puis s’éteignait au matin et lors de l’entrée du peuple d’Israël sur sa terre, alors que le Tabernacle était transporté à Chilo, elle faisait également partie du service divin quotidien.Lorsque le roi Chlomo construit le Premier Temple, il y place non pas un, mais onze chandeliers, cinq le long du Mur situé au nord du Beth Hamikdach et cinq le long du mur méridional et enfin, une, l’originelle, placée juste devant le Kodech Hakodachim, le Saint des Saints. Lors de la destruction du Temple par les Babyloniens, les ustensiles du Temple sont détruits (selon Jérémie 52, 17) soit transportés dans un temple babylonien (selon les Chroniques) puis ramenés à Jérusalem par Cyrus, fondateur de l’Empire perse, qui autorisa les Judéens exilés à Babylone à rentrer à Jérusalem et à y reconstruire leur Temple. Le Second Temple se « contente » d’une seule Ménora, décrite par le prophète Zacarie (4, 7-11), qui copiait, dans sa forme et son emplacement, celle qui se trouvait dans le Michkan. C’est en 169 avant l’ère vulgaire qu’Antiochus IV et l’armée grecque pillent et souillent le Temple et s’accaparent des ustensiles du service divin, parmi lesquels la Ménora. Après la victoire des Hasmonéens sur l’armée grecque, Yéhouda Hamaccabi ordonne la fabrication de nouveaux ustensiles. La Ménora qui est au centre de l’histoire de ‘Hanouka ne ressemble quasiment en rien au chandelier d’or : c’est une Ménora faire de piquets de fer auxquels on ajusta des calices de fer également qui fut allumée à l’aide de l’huile découverte dans la petite fiole. C’est cette Ménora qui brûla miraculeusement pendant huit jours, alors que l’huile n’aurait dû suffire que pour une journée… Plus tard, le fer fut remplacé par de l’argent, puis de l’or. La Ménora était à nouveau elle-même…Lorsque le général romain Pompée pénètre dans le Saint des saints, 63 ans avant l’ère vulgaire, il ne vole aucun des ustensiles et ces derniers resteront intacts jusqu’à la destruction du Second temple par Rome, en l’an 70 de l’ère vulgaire. Le Midrach Béréchit Raba nous enseigne comment les Romains décidèrent qu’il fallait qu’un Juif soit le premier à entrer dans le Temple et à y entamer le pillage. Ils firent donc appel à un certain Yossef Méchita à qui ils promirent d’offrir l’ustensile qu’il choisirait. Yossef entra dans l’enceinte intérieure du Beth Hamikdach et y déroba la Ménora. À sa sortie, les Romains lui dirent : « Un homme simple comme toi ne saura pas se servir d’un tel objet. Entre à nouveau et prends autre chose ». Yossef Méchita refusa et persista dans son refus même lorsque les Romains lui proposèrent de lui verser trois ans de taxes douanières s’il le faisait. Il déclara alors : « Ne suffit-il pas que j’aie provoqué la colère de mon D.ieu une fois, faudrait-il que je le fasse à nouveau ? » Ce repentir ne plut pas aux soldats de Titus qui ordonnèrent alors la mort de Yossef Méchita dans d’atroces douleurs…Peu après, les Romains pénétrèrent dans le Temple, volèrent tous les objets de valeur avant de le brûler. C’est là qu’a eu lieu la fameuse scène gravée sur l’arc de Titus. C’est là que la Ménora, ainsi que la Table des pains de proposition, les trompettes des Lévi et les pelles servant à brûler les encens sont dérobées par Titus qui les ramène à Rome.