25 Kislev 5778‎ | 13 décembre 2017

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Travailler dans un environnement casher, c’est possible !
   Par Serge Golan,
  No 22 juillet 2009, Aliya

Certains n’envisagent pas de devoir transiger avec leur niveau de pratique des mitsvot sur leur lieu de travail. Or de plus en plus d’entreprises israéliennes satisfont aux exigences de ces bné Torah. Des entreprises francophones vont même plus loin et encouragent leurs salariés sur le chemin des mitsvot…
Bien des Juifs de France se contenteraient de voir leur entreprise fermer ses portes durant Chabbat ou les fêtes… En Israël, cela va évidemment de soi. Mieux : il est désormais de plus en plus facile de concilier vie professionnelle et rigueur dans l’application des mitsvot ! « Je vois régulièrement arriver dans mon bureau des olim de France qui n’imaginent pas devoir sacrifier leur niveau d’exigence hala'hique pour gagner leur vie… Il est vrai qu’en Israël, le contraire serait le comble !, explique Yaël Semmel, conseillère en carrières chez Manpower pour le compte du ministère de l’Intégration dans la région de Jérusalem. Ils n’hésitent pas à me demander si telle ou telle entreprise respecte les règles de séparation entre personnel masculin et féminin, par exemple. Et en cas de doute, ils consultent même un rav pour savoir s'il est approprié d’y travailler ».Mais rien n’oblige à toujours faire ce genre de choix. Certaines entreprises n’embauchent ainsi que dans le secteur ‘harédi, soit parce que ceux qui les dirigent le sont également, soit parce qu’elles s’adressent à un public orthodoxe dont il est nécessaire de connaître les codes et les habitudes. Dans ce cas, les structures sont bien sûr adaptées, avec notamment des locaux séparés pour hommes et femmes.Mais sans aller jusque-là, de plus en plus d’entreprises s’efforcent d’offrir à leurs employés les « petits plus » qui permettent d’enrichir la vie spirituelle des salariés. Or dans ce domaine, le public francophone est particulièrement privilégié. Plus religieux que la moyenne de la société israélienne, les olim français y sont très sensibles : « Il y a encore peu de temps, beaucoup de nos employés étaient religieux. Nous avions donc mis en place un cours hebdomadaire à l’heure du déjeuner donné par un rav que nous faisions spécialement venir », témoigne Patrick Hasson, le directeur de Rentasoft, une filiale de Prodware, une grosse société de high-tech. Si actuellement son entreprise compte moins de salariés proches de la Torah, il ne désespère pas de voir la situation évoluer au gré du turnover. « Cela joue beaucoup au niveau de l’ambiance ! Car évoluer dans un environnement casher crée un lien particulier entre les gens ».Encore que cela ne soit pas toujours une garantie ! En témoignent les mésaventures de cette mère de famille dont le mari est avre’h, qui, lasse de subir les menaces et les insultes de son patron, a fini par démissionner : « Et pourtant, il était “froum-froum” et d’un point de vue hala'hique, les conditions de travail étaient irréprochables. Mais il y manquait le dére’h eretz : c’était insupportable ».Une situation totalement inconnue des 160 employés de la société Upsider… Car non contente de connaître une croissance exponentielle, cette entreprise basée à Jérusalem propose de surcroît des conditions exceptionnelles à ceux qui désirent progresser sur le chemin de la Torah ! Une politique récemment récompensée par le Prix de la meilleure intégration des olim francophones décerné par le ministère de l’Intégration. « Tout tient à la volonté du président d’Upsider, Bernard Lasry, confie Yonathan Alexander, l’un des commerciaux. C’est un véritable ben Torah, et il veut permettre à des Juifs de vivre une vie authentiquement juive en Israël ». C’est ainsi que, tout comme ses collègues qui en ont fait la demande, il a pu réduire sa journée de travail pour étudier chaque jour au Bet Hamidrach. Mieux encore, ce mi-temps qui fait la part belle au limoud ne pénalise pas ceux qui en bénéficient dans l'évolution de leur carrière. Mais ce n’est pas tout : un myniane est systématiquement organisé pour les prières de min’ha et de arvit (y compris sur les heures de travail pour la prière du soir) ; de plus, personne n’est contraint de travailler à ‘hol hamoed et un système de dvar Torah hebdomadaire a été mis en place, etc.Des conditions évidemment idéales pour des salariés dont la plupart respectent les mitsvot. D’ailleurs, ils ne s’en cachent pas : ils sont heureux ! « Le plus étonnant, c’est l’esprit de chalom qui règne dans l’entreprise. Jamais vous n’entendrez de lachone hara ou de propos déplacés », se félicite Maxime Seligman, le responsable marketing de l’une des branches de l’entreprise. D’ailleurs, il le reconnaît : cette atmosphère très propice lui a permis de progresser lui-même sur le chemin des mitsvot : « tout à coup, des choses qui vous paraissaient inaccessibles ou incompatibles avec la vie professionnelle s’inscrivent harmonieusement dans le quotidien », s'étonne-t-il avec enthousiasme.La preuve qu’en Israël, on n’est pas obligé de perdre sa vie à la gagner… !