25 Kislev 5778‎ | 13 décembre 2017

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« Grâce aux immigrants venus de France, la capitale se développe ! »
   Par Serge Golan,
  No 22 juillet 2009, Aliya

Piny Glinkevits est directeur du Département de l’Intégration à la mairie de Jérusalem. Il explique ici l’importance de l’alya francophone pour la capitale.
- Hamodia : Constatez-vous réellement une augmentation du nombre d’olim en provenance de France venus s’installer à Jérusalem ?- Piny Glinkevits : L’alya de France est définitivement un sérieux enjeu dont nous avons fait une priorité. On relève depuis quelques années - notamment à partir du début des années 2000 - une forte augmentation du nombre d’olim qui choisissent de s’installer dans la capitale. Or ce mouvement s’est accéléré au cours des trois dernières années. Jérusalem est ainsi la ville qui reçoit le plus d’olim dans le pays, en particulier ceux venus des pays occidentaux. Et d'ailleurs, la majorité des Juifs venus de France choisissent ainsi désormais de vivre à Jérusalem.Voilà pourquoi plus personne ne s’étonne à présent d’entendre un peu partout parler français dans les rues de la ville. D'autant qu'ici, la vie quotidienne s’articule autour des quartiers. Du coup, on voit que dans des parties entières de Jérusalem, la population d’origine française est devenue majoritaire ou en tout cas incontournable. Naturellement, les gens se retrouvent autour de leurs synagogues et forment des communautés. À Har Homa ou à Bayit Vegan, ce sont ainsi des communautés entières qui sont montées de France avec leurs rabbins.- Pour vous et tous les responsables de la municipalité, ce sont donc des recrues « de qualité » ?- Pour la municipalité, c’est effectivement un public de choix, et nous faisons beaucoup d’efforts pour les attirer. C’est en effet une population forte et de qualité ! N’oubliez pas que l’alya, en particulier à Jérusalem, est un enjeu stratégique pour le pays. C’est essentiel pour l’avenir de la ville et même d'Israël…Ces immigrants jouent en grand rôle dans la vie quotidienne de la cité. Par leur présence, ils permettent ainsi une amélioration de la qualité de vie. Je pense par exemple à la vie culturelle : tout à coup, on trouve de plus en plus de livres en français dans les librairies et des restaurants de cuisine française s’ouvrent, etc.Les olim de France ont également une grande influence sur l’économie locale : ils achètent des appartements et fondent des entreprises… Ce sont souvent des gens diplômés qui arrivent avec un bon bagage professionnel. Incontestablement, ils participent activement au développement de la ville !- De quelle manière soutenez-vous ce qu'on appelle « l’alya de groupe » ?- Je ne vais pas insister sur tous les avantages financiers ou matériels qui sont inclus dans ce programme. Je préfère relever son aspect social qui, au final, joue un rôle décisif dans la réussite de l’alya et dans l’intégration.Il est évident que monter en groupe permet aux olims de mieux se connaître et de se sentir moins seuls dans les mois suivant l’alya. Pour nous, cela signifie que nous pouvons prendre en compte leurs besoins avant même leur arrivée à Jérusalem. Il y a donc une continuité dans leur prise en charge qui commence bien en amont. Dès leur premier jour ici, une bonne partie des questions qui se posent au moment de l’alya – où habiter ? Dans quelle école inscrire ses enfants ? Quels documents apporter ? - ont déjà été résolues. C’est un poids considérable qui est ainsi retiré de leurs épaules !En plus du « proyector », [un coordinateur-Ndlr] qui fait un boulot formidable, nous mettons à leur disposition d'autres coordinateurs décentralisés dans les quartiers où ils vivent. Cela permet un suivi très précis de chaque cas. Nous pouvons donc agir très rapidement en cas de soucis, comme par exemple, si un enfant décroche à l’oulpan d'hébreu.Pour faire de ce programme un vrai succès, la mairie, l’Agence juive et le ministère de l’Intégration travaillent main dans la main. Car l'on ne saurait agir seul : c’est un point sur lequel je ne cesse d’insister !.