25 Kislev 5778‎ | 13 décembre 2017

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" Les milices islamistes contrôlent déjà "
   Par Richard Darmon,
  No 18 juillet 2012, Afrique


les deux tiers de l’immense territoire malien ! »Ancien conseiller en politique étrangère auprès du Premier ministre Its’hak Rabin et colonel (de réserve) à Tsahal où il fut expert en matière de Renseignements, le Dr Jacques Nériah, qui est l’un de spécialistes en Affaires moyen-orientales et africaines au Jerusalem Center for Pubic Affairs, analyse pour Hamodia la situation actuelle de crise prévalant au Mali. - Hamodia : Pourquoi la rébellion d’un million de Touaregs - sur 15 millions de Maliens - concentrés dans la seule région nord du Mali menace-t-elle le pays tout entier ? - Jacques Nériah : Les islamistes d’Ansar-Dine, qui viennent finalement de rompre violemment avec les nationalistes touaregs du MNLA, ont réussi leur offensive sécessionniste entamée au printemps. Si bien qu’ils contrôlent à présent toute la région de l’Azawad qui s’étend sur deux tiers du territoire malien. Sur place, ils sont en train de créer un véritable paradis pour Al-Qaïda, et ce, dans une zone grande comme deux fois la France…- Y a-t-il des liens entre ce qui se passe en Libye et la situation au Mali ?- Il y a deux incidentes entre la conjoncture en Libye et au Mali : concrètement, les nombreux mercenaires d’origine touarègue qui protégeaient Kadhafi ont été chassés de Libye, et ils sont donc venus s’enrôler quasi automatiquement d’abord dans le MNLA, puis surtout dans les milices d’Ansar-Dine. Nul doute aussi que si la Libye finit par s’islamiser au fil du temps, cela aura de graves conséquences pour le Mali déjà si gravement déstabilisé par les milices d’Ansar-Dine liées à celles de AQIM venues du Maghreb…- Pourquoi insistez-vous tant sur les hauts risques de voir le Mali devenir « un second Afghanistan » dans cette partie de l’Afrique ?- Sous l’effet de la rébellion Touareg et des manœuvres ainsi que des récents « coups bas » de Ansar-Dine contre le MNLA, le Mali est déjà devenu la plaque tournante de la plupart des organisations terroristes islamistes pour toute l’Afrique subsaharienne et centrale. Dans cette immense enclave quasi désertique de l’Azawad livrée à des milices en tous genres, on trouve ainsi - en plus des moudjahidines « locaux » d’Ansar-Dine - des groupes armés nigériens aussi bien que somaliens et tchadiens, tous chapeautés et financés par AQIM, la grande fédération des réseaux Al-Qaïda dans le Maghreb. Laquelle contrôle sur place - comme le font les talibans en Afghanistan - tous les trafics très lucratifs d’armes et de drogue, notamment pour « autofinancer » l’ensemble de ces activités subversives et hautement déstabilisatrices.Il est donc grand temps que les pays occidentaux - et particulièrement les États-Unis - agissent efficacement contre ce dangereux phénomène ! Car ce nouveau nid terroriste qu’est devenu le Mali risque fort d’ébranler bien des pays africains voisins, et aussi de devenir un foyer incontrôlable de terrorisme qui frappera au Moyen-Orient, en Europe et même jusqu’en Amérique…