25 Kislev 5778‎ | 13 décembre 2017

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Être orthodoxe dans "'Haïfa la rouge
   Par Laly Derai,
  No 17 juin 2009, Aliya

Pour le rav Ginzbourg, rav ‘Habad de ‘Haïfa, la réputation laïque de ‘Haïfa est surfaite et dépassée. Les ‘hassidim de Seret Witznitz et de 'Habad qui vivent dans la cité portuaire partagent certainement cette appréciation.
Pour beaucoup d'Israéliens, ‘Haïfa est synonyme de laïcité et de pluralisme. Et bien peu savent que c'est pourtant dans cette ville que l'on recense la plus importante concentration de ‘hassidim de la fameuse cour des Seret-Wijnitz. Cette ‘hassidout, qui puise ses sources dans la fameuse cour Wijnitz, compte plus de 1 500 familles, dont 700 résident dans la Kiryat Wijnitz de ‘Haïfa. Elle a été fondée par rabbi Barou'h Hager, le Mékor Barou'h (1895-1964). L'Admour actuel, rabbi Eliezer Hager et son fils, rabbi Yaacov, vivent à ‘Haïfa et encouragent vivement leurs ‘hassidim à venir les rejoindre. Au centre du quartier Wijnitz, appelé également Michkan Israël et près de la maison du Admour, on trouve un grand bet midrach, construit sur le modèle de l'ancienne synagogue de la ‘hassidout en Roumanie. Toujours dans la Kirya, un grand complexe de Limoud comprenant une yéchiva gdola, une yéchiva ktana, un kollel, des maternelles et écoles pour filles et garçons ainsi qu'un séminaire pour jeunes filles... L'idée de fonder à ‘Haïfa un quartier accueillant les ‘hassidim de Wijnitz a été initiée par rabbi Barou'h Hager dans les années 50 et c'est le 10 Tamouz 5714 (1er juillet 1954) que s'est déroulée la cérémonie de la pose de la première pierre de ce quartier. Depuis le quartier n'a cessé de se développer et il compte aujourd'hui des centaines d'unités de logements. La ville de ‘Haïfa surnommée la rouge pour avoir longtemps été dirigée par des maires affiliés au mouvement communiste, accueille une seconde communauté orthodoxe très active : celle des ‘hassidim de 'Habad. Le chalia'h 'Habad de la ville, le rav Dov Ginzbourg dirige d'une main de maître les dix Baté 'Habad de la ville : « Il existe une vie juive très intense à ‘Haïfa et 'Habad est présent dans quasiment tous les quartiers de la ville ». Dans le quartier de Hadar, on peut trouver une yéchiva ‘Habad, une maternelle pour garçons et une autre pour filles, un bet 'Habad et deux synagogues dont une accueille presque exclusivement des olim de l'ex-URSS. Un kollel devrait prochainement ouvrir ses portes dans ce quartier.Pour ce qui est des écoles primaires et secondaires, les enfants de la communauté se rendent à Kiryat Shmouel, un des quartiers religieux situés dans la périphérie de ‘Haïfa : « Nous avons construit là-bas une très grand complexe qui accueille plusieurs centaines d'élèves, 200 dans le primaire et 300 filles dans le collège et le lycée », déclare le rav Ginzbourg. Par ailleurs, il existe encore plusieurs petites communautés 'Habad dans les quartiers de Ramot, A'houza, Kiryat Chprintsak, Kiryat Eliahou, Bat Galim... Et comme tout bet ‘Habad qui se respecte, ceux de ‘Haïfa mettent un point d'honneur à organiser de nombreuses activités dans cette ville si souvent associée à un laïcisme très militant : cours de Torah, centres aérés, activités extrascolaires, activités dans les écoles et les maternelles non-religieuses, Seder de Pessa’h,... La réputation de ‘Haïfa est-elle donc surfaite ? Le rav Ginzbourg le croit sincèrement : « Par exemple, ce matin, on m'a appelé du port de ‘Haïfa avec une demande expresse : venir poser des mézouzot dans les nouveaux bâtiments qui viennent d'y être construits. Les propriétaires ne voulaient pas attendre ne serait-ce qu'une journée ! Un autre exemple : plusieurs de nos maternelles sont sous l'égide de la mairie qui nous a fourni les bâtiments et des budgets. Récemment, la ‘hassidout de Belz a reçu l'autorisation de prier dans la grande synagogue de la ville. La ‘hassidout de Gour possède aussi un grand Bet knesset où il ne reste pas même une place assise le Chabbat ». Quant aux francophones de la ville, le rav Ginzbourg est en contact avec plusieurs d'entre eux, que ce soit lors des activités des baté ‘Habad ou durant la prière à la synagogue : « La mairie m'a demandé il y a quelques jours de créer un nouveau bet ‘Habad dans le Campus Hanamal, qui devrait accueillir dès l'année prochaine des étudiants francophones venus étudier en Israël. Je suis très heureux de pouvoir participer à cet effort et souhaite dès maintenant aux étudiants : Brou'him habaïm lé’Haïfa... ».