25 Kislev 5778‎ | 13 décembre 2017

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Olim de France, Haïfa vous attend !
   Par Laly Derai,
  No 17 juin 2009, Aliya

Haïfa n'a jamais vraiment fait partie des destinations prisées par les olim francophones. Et après une journée passée là-bas, on se demande bien pourquoi ! Parce que, tout d'abord, Haïfa est une ville magnifique : propre, moderne, riche en espaces verts et en plages dorées ! Et puis aussi parce qu'elle offre de très grandes opportunités au niveau de l'emploi. Parce qu'à moins d'une heure en train de Tel-Aviv, cette ville propose une qualité de vie exceptionnelle alliée à un train de vie bien moins coûteux que dans le centre du pays ou à Jérusalem. Et puis aussi parce que ceux qui ont déjà choisi Haïfa n'ont vraisemblablement qu'une seule idée en tête : convaincre d'autres francophones de venir les rejoindre et tout faire pour les aider dans ce projet !
Lorsqu'on parle des francophones de Haïfa, on peut distinguer trois groupes : les anciens olim, majoritairement concentrés à Nevé Shaanan dans la communauté Or Vishoua ; les 150 étudiants francophones du Technion ; et les nouveaux immigrants, qui ont choisi l'alya communautaire avec tous ses avantages.L'implication des anciens olim dans l'intégration des deux autres groupes force le respect : que ce soit par le biais de la communauté du rav Eliaou Zini, qui met un point d'honneur à servir de « famille » d'accueil aux étudiants tout frais débarqués de France mais aussi à intégrer les familles d'olim désireuses de « garder le contact » avec la langue de Molière tout en devenant des Israéliens à part entière. Il y a aussi, dans ce domaine, l'antenne locale très active du Centre national des Etudiants francophones (CNEF), qui contribue énormément à la bonne intégration et la réussite des jeunes qui ont choisi de faire leurs études au Technion ou à l'université de Haïfa. Et l'on peut également se tourner vers plusieurs bénévoles qui veulent faire partager leur amour de Haïfa et sont toujours prêts à se porter volontaire pour une énième présentation de la ville.Du bénévolat comme s'il en pleuvait« Nous aidons mais nous voulons aussi donner le goût d'aider », souligne Shlomo Amsellem, un ancien olé venu de Marseille il y a onze ans, père de sept enfants, et très actif au sein de la communauté Or Vishoua. C'est ainsi que dans le cadre d'une association d'aide aux nécessiteux, les étudiants francophones du Technion distribuent chaque semaine, grâce aux dons de la kéhila, des paniers de denrées alimentaires à des familles dans le besoin : « Non seulement ils apportent les repas mais aussi, ils “adoptent” des familles, aident les enfants à faire leurs devoirs, font des petites réparations... ».Par ailleurs, la communauté très soudée autour de la yéchiva du rav Zini - qui fait également office de rav du Technion - offre un excellent terrain d'accueil pour les familles de olim. « Nous avons ouvert une crèche ainsi que plusieurs classes de maternelle. Par ailleurs, nous proposons aux enfants des centres aérés, des classes de Talmud Torah durant les vacances, l'enseignement de la lecture des Téamim. Chaque Chabbat, pendant que le rav donne son cours à toute la communauté, un père se charge d'occuper les enfants par le biais d'une activité, d'une histoire, d'un Dvar Torah. Nous sommes très fiers de nos trois Minyanim du Chabbat, l'un ashkénaze, l'autre séfarade et l'autre yéménite qui se ménagent ensuite autour d'un kiddouch communautaire ». Selon Chlomo, l'aide apportée aux olim est « naturelle » : « notre communauté grandit grâce aux nouveaux immigrants. Nous les aidons juste à réaliser leur rêve... »Pour harmoniser l'accueil des étudiants dans les familles de la communauté le Chabbat, un chef d'orchestre, bénévole lui aussi, Micky Benichaï : « Mon seul but est d'aider ces jeunes à réussir le mieux leur alya, faire en sorte qu'ils restent en Israël. Étant bénévole, je ne suis attaché à aucune administration et je n'ai donc de comptes à rendre à personne. Je suis le contact, le lien, entre les étudiants et l'administration du Technion : je leur donne un coup de pouce quand je peux, des infos, les bonnes adresses. J'établis également le lien entre les étudiants et la communauté de Or Vishoua, qui se trouve à proximité du campus. Au début, les étudiants passent par moi pour se faire inviter Chabbat et puis très vite ils ont un si bon contact avec les familles qu'ils appellent eux-mêmes pour se faire inviter ! »Une autre volontaire, Dori Cwikel, docteur en chimie au Technion, est la talentueuse webmaster du site francophone entièrement dédié à Haïfa (www.haifa-israel.info) très riche en informations de toutes sortes sur la ville.Les autorités s'impliquent aussiLa mairie de Haïfa a semble-t-il compris le potentiel énorme que représentent les olim francophones. C'est sans doute la raison pour laquelle elle accorde énormément d'avantages aux nouveaux immigrants issus de France : « L'alya de France est une alya de qualité et nous tenons à ce que Haïfa soit une option de premier choix pour eux. Haïfa possède tout ce qu'un olé peut rêver : de nombreuses opportunités d'emploi et d'investissements, un marché immobilier qui n'a pas encore été touché par la fièvre de l'inflation, une vie culturelle et cultuelle très dense, un système éducatif de haut niveau... », affirme le maire de Haïfa, Yona Yahav, avant de lancer un appel aux olim potentiels : « Ne cantonnez pas votre choix à Jérusalem, Ashdod ou Nétanya ! Haïfa vous attend ! Ici, non seulement vous aurez droit à tous les avantages que je viens de citer, mais en plus, vous contribuerez à développer le Nord du pays, qui a besoin de vous! »Dans le cadre de l'alya communautaire, de nombreux avantages sont proposés aux candidats : - des appartements d'accueil durant le premier mois de alya.- un très large choix de niveaux d'oulpan, y compris un oulpan Etsion destiné aux célibataires. - pour les étudiants et les jeunes, des chambres individuelles à louer dans les appartements rénovés du campus du port.- une réduction de 90 % sur les taxes municipales.- durant les premiers mois, une aide au loyer ainsi que des cours d’oulpan supplémentaires, en plus des 500 heures normalement dispensées.- un abonnement gratuit (pour deux) pour l’Orchestre symphonique, les musées de la ville, le zoo de Haïfa et pour les bibliothèques municipales.- Le soutien et l'aide d'une coordinatrice d'alya, Ketty Pardo-Roques qui accompagne les olim durant leur période d'intégration.Les écoles de HaïfaPlusieurs structures éducatives sont destinées à accueillir les enfants olim.- Écoles primaires : Rambam de Nevé Shaanan et Nétiv Eliezer Carmel à A'houza (écoles municipales à tendance sioniste religieuse), Moriah Barkaï (école privée sioniste religieuse). Il existe également plusieurs écoles de tendance 'habad.- Collèges et lycées : pour les filles, un lycée municipal, Ironi Vav, la Oulpéna Tsvia (privé) et l'école pour jeunes filles de 'Habad. Pour les garçons : la yéchiva-lycée Yavné, la yéchiva ktana de 'Habad et un lycée privé, fruit de l'initiative d'un groupe de parents et situé à Kfar Hassidim, à quelques kilomètres de Haïfa.Dans le cadre de l'alya communautaire, le ministère de l'Intégration et l'Agence juive, en collaboration avec la mairie de Haïfa, proposent des projets pilotes d'intégration destinés aux enfants olim. Ces écoles offrent une aide expérimentée et une attention individuelle personnalisée. Par ailleurs, les olim sont exemptés de tous les frais d'assurance et de scolarité et les enfants ont droit à une colonie de vacances gratuite. Enfin, pour bien les préparer à la rentrée, les enfants nouvellement installés en Israël suivent un oulpan d'été en matinée.